Discours de clôture de Monsieur Mohamed Boussaid ,
Ministre chargé de la modernisation des secteurs publics
Les premières Assises de l'Internet
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord rendre hommage aux organisateurs de ces premières Assises de l'Internet au Maroc. Je voudrais également les féliciter pour cette excellente initiative qui contribue au développement des méthodes de gestion électronique et l'utilisation des nouvelles technologies, qui s'imposent aujourd'hui comme moyens incontournables pour améliorer la qualité des services publics, réduire leurs coûts et surtout faciliter leur accessibilité.
Mesdames et Messieurs,
Je n'ai pas hésité à répondre à l'invitation qui m'a été adressée pour me joindre à vous pour cette séance de clôture. Je suis venu vous délivrer modestement quelques messages et surtout partager avec vous quelques réflexions sur des thèmes en relation avec mes responsabilités au sein du Gouvernement.
Je considère qu'Internet, et les nouvelles technologies de l'information, en général est un levier principal d'accélération des chantiers de modernisation de notre administration. Je crois que ces outils ont cessé d'être vus, de nos jours, comme des gadgets ou des ravalements de façade. Ce sont de véritables opportunités pour la démocratisation, l'universalité et la proximité des services publics.
En terme de saut qualitatif, Internet peut apporter à certains services publics, ce que la téléphonie mobile avait apporté au secteur de télécommunications en général. Le mobile a, en effet, permis très vite de réduire les écarts et les retards dans notre pays en matière d'accès au réseau pour manque d'infrastructures. Ceci a permis d'économiser des investissements lourds nécessaires à améliorer l'accès à ce service public qu'est la téléphonie, en particulier dans les zones rurales.
Les nouvelles technologies de l'information et de la communication transforment profondément les méthodes de travail au sein de toutes les organisations y compris dans l'administration. Elles contribuent à instaurer progressivement des nouvelles relations entre le citoyen et l'administration, mais aussi entre les fonctionnaires. La messagerie électronique n'est-elle pas entrain de détruire les cloisonnements des services et de battre en brèche les barrières hiérarchiques?
Et là on est en droit de se poser deux questions :
En quoi le développement de l'Internet dans notre pays pourrait agir comme catalyseur des transformations, facilitateur du changement et accélérateur de la modernisation?
Est-ce utopique de croire que les TIC peuvent induire des changements conséquents dans la mise à niveau de nos services publics alors que le contexte socio-économique et culturel est marqué encore par le poids de l'analphabétisme, l'étendu du territoire, le centralisme relatif des décisions et la faiblesse du pouvoir d'achat d'une large frange de nos concitoyens ?
Il est un fait que le Maroc ne peut plus demeurer à la périphérie de la société mondialisée du numérique, sans que soient érodés sa compétitivité et ses efforts de développement.
Les efforts déployés pour l'appropriation rapide des technologies de l'information constituent un enjeu capital pour l'ensemble des composantes de notre société, notamment l'administration et l'entreprise ; et plus globalement les citoyens. Il y va de la réussite de notre pays à s'insérer rapidement de manière volontariste et déterminée dans l'économie mondiale.
La dématérialisation des échanges administrations/usagers et de certains services publics est la clef pour améliorer la fourniture de ces services, renforcer leur proximité et réduire leurs coûts. Le programme national e-gouvernement 2005-2008 –IDARATI-, élaboré par le comité e-Gov, dont certaines actions ont été présenté aujourd'hui, vise à améliorer le processus de traitement de l'information et la mise en ligne de services administratifs au profit de l'entreprise et du citoyen. Le site service-public.ma, déjà en exploitation, et regroupant l'ensemble des procédures administratives constituera à terme le point d'entrée à l'ensemble de ces services.
L'administration électronique ne va pas du jour au lendemain se substituer à l'administration classique. Mais va progressivement remodeler l'ingénierie des procédures administratives, renforcer la confiance des citoyens vis-à-vis de son administration et surtout éliminer les perceptions négatives sur le manque de transparence et de l'éthique des services publics.
Ce programme ambitieux, dont l'exécution est déjà entamée et dont les premières réalisations sont très encourageantes, est accompagné de mesures de généralisation de l'accès aux services dématérialisés, par l'intermédiaire d'interfaces adaptées à d'autres catégories d'usagers, telles que les bornes interactives, les téléboutiques certifiées, les espaces publics numériques, voire des personnes spécialement formées et dédiées à ces services. L'objectif est de démocratiser l'accès aux services en ligne, afin que le changement bénéficie à l'ensemble de la société.
En effet, depuis deux ans, des initiatives ont été prises dans ce domaine par l'administration marocaine et des établissements publics. Un prix ‘'e-mtiaz'' a été crée pour récompenser les meilleurs projets, pour créer l'émulation nécessaire entre ces administrations et surtout pour faire connaître ces projets au grand public. L'édition 2004 a récompensé l'Administration des Douanes, la CNSS, le Ministère de la Justice, de la direction de la Trésorerie Générale du Royaume, de l'Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale.
A cet effet, je voudrais souligner que la demande de contenus numériques de qualité va augmenter au Maroc avec la progression des réseaux, de la téléphonie mobile et de la mise en place effective d'une société de l'information.
Le programme IDARATI s'inscrit dans le contexte de l'importance croissante du contenu numérique. L'objectif général du programme est de rendre le contenu numérique plus accessible et plus utilisable, en se focalisant sur des domaines pour lesquels les seules forces du marché ne peuvent suffire pour stimuler la disponibilité du contenu et des services numériques.
Monsieur le Premier Ministre l'a annoncé ce matin, notre ambition est de passer très rapidement de 40 services publics on-line actuellement à 200 services en 2008. Le développement du contenu utile fiable et interactif va dynamiser sans aucun doute le marché de l'Internet et faciliter la réalisation de l'objectif de généralisation d'accès à la toile.
Mesdames et Messieurs,
En conclusion, permettez-moi de souligner l'importance de cette journée. C'est une confirmation de l'approche adoptée par le Gouvernement qui privilégie la concertation et l'échange avec tous les acteurs publics et privés sur des thématiques de portée nationale.
Le plan d'action du développement d'Internet, débattu aujourd'hui, est un plan cohérent, ambitieux et exhaustif. Il mérite toute notre attention et notre engagement pour déployer les moyens nécessaires à sa concrétisation.
Je vous remercie. |